Organisé pour la première fois en 1939, le Bol d’Or est devenu la plus importante régate du Monde en bassin fermé.
Récit de victoire dans sa catégorie Grand Surprise.

Samedi 8h45 on va sur la ligne, faisons un warm up avec le spi et attendons le départ et le vent de sud ouest prévu par la météo

Les bateaux arrivant par derrière en deuxième rideau nous masquent l’air tour à tour. Enfin et au bout de 10 Minutes on décolle…. On est très mal placé par rapport aux 32 autres Grand Surprise…. On est sous spi symétrique… et on déboule côte Suisse pour rattraper, grâce à notre vitesse due à peu de poids à bord et aux bons réglages, pas mal de Grand Surprise

Au large d’Evian nous sommes très bien positionnés en Grand Surprise. Et là les choix tactiques pour rejoindre le Bouveret vont laisser des traces: soit la route directe par la côte française soit la cuillère par la Suisse (Lausanne), soit mi lac.

Nous avons choisi de rester côte française et nous avons bien fait car au croisement avec ceux qui étaient mi lac et qui sont revenus vers la côte française.

Comme le vent pour aller vers Le Bouveret s’est enfin établi en sud est c’est une bagarre de louvoyage qui s’engage avec Thirsty Three, Mea Huna et Flash… Nous sommes cinquième au BOUVERET il est 19h57

 

Pour le retour. Le vent forcit. On choisit une route tribord amures un peu plus pointue que nos trois compères devant sans coller à la côte Française et on leur remonte inexorablement dessus. Le ciel devient noir, le vent forcit. A partir du moment où on atteint une position géographique nous permettant d’empanner et de faire route directe vers la pointe de Ripaille on décide d’empanner.

On loupe l’empannage et le bateau part au lof, violemment. Le vent forcit encore. On n’arrive pas à redresser le bateau. Le tangon est tordu  et prends des allures d’arc de cercle. Les barres de flèche inférieures sont dans l’eau, le bateau est couché à 80°. On doit s’y reprendre à 3 fois pour redresser…..Heureusement tout a tenu mais je n’en menais pas large.

L’orage descend de la montagne à toute allure. Nous anticipons et affalons beaucoup plus vite notre spi que les trois collègues qui dérivent sans contrôle vers la côte Suisse avant d’affaler leur spi.

La nuit tombe. Entre Evian et la pointe de Ripaille nous devinons que tixway a empanné pour rejoindre la côte Suisse et son trajet secret de la nuit qui lui permet souvent de nous mettre des pilules de plusieurs heures à l’arrivée.

Et puis ça mollit un peu, on avance très bien. Lorsque qu’on juge qu’en empannant à nouveau on va pouvoir s’orienter pointus sous spi pour rejoindre Yvoire.

A 3h45 nous sommes au large de la pointe à la bise. Ca mollit encore. Et Ca tourne en sud. On passe au près, je reprends la barre. Ca repasse en nord, en nord est ça n’arrête pas de tourner. On manœuvre beaucoup, le jour se lève.

Lorsque je devine le Mumm 30 Olympic pas loin devant nous devant le Ycg qui vient de renvoyer son spi, je suis persuadé que nous nous sommes très bien débrouillés. Le jour n’est pas tout  à fait clair il reste des risées thermiques qui nous permettent de nous rapprocher de la bouée d’entrée de la SNG sous spi et lorsque l’on arrive à proximité de la bouée de dégagement de la ligne d’arrivée à 6h30, soit à 200mètres de l’arrivée, plouf, plus rien, plus un gramme de vent. Nous sommes restés une heure à regarder la cabine start/arrivée sur la jetée de la nautique et c’est le courant qui nous a emmené sur la ligne.

On passe la ligne d’arrivée vers 7h26. 1 heure pour faire 200 mètres.

 

A 8h 50 le  speaker de YES FM me confirme que nous sommes premiers GS et il m’interviewe et on passe en direct sur les ondes à 9h00. Takata, un cador, a passé la ligne d’arrivée, 2eme à 26 minutes derrière nous à 7h52  et puis il faudra attendre 1h40 derrière nous l’arrivée de LIttle Nemo, le meilleur des meilleurs qui passe troisième. On a donc creusé un écart très important dans la nuit sur nos poursuivants à la faveur des « passages à niveaux » du lac léman.

Vers 9h 30 tout l’équipage est rentré chez lui après que avoir  amené le bateau au ponton d’honneur, emplacement réservé aux vainqueurs de classes du Bol d’or. Je reste me reposer sur le bateau et on se donne rendez-vous sur le podium à 18h50 pour la remise des prix.

 

Grand merci à l’équipe : Bruno Sibuet, Jean Christophe Gex, Jean Marc Rollin et Maël Garnier, Zoë Lacroix.

Et grand merci à la société de Genève pour son accueil habituel fantastique.

 

Amitiés à tous, Jean Marie

Retrouvez les photos sur notre groupe Facebook, MORPHO by Kurt Salmon

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