Centrale dans le pilotage de l’entreprise, la gestion prévisionnelle est aujourd’hui face à des opportunités nouvelles en termes de valeur ajoutée et d’accessibilité. Le marché des solutions budgétaires, dynamisé par l’innovation technologique, se redessine rapidement à la croisée de deux phénomènes. D’une part, les nouveaux acteurs du marché ouvrent la voie vers des fonctionnalités nouvelles (analyses prédictives, infographics, etc.) et d’autres part les acteurs historiques accélèrent la refonte de leur business model vers la servicisation (par le mode « Software As A Service »). 

 

Pourquoi les solutions de planification sont-elles au cœur des problématiques des directions financières?

La gestion prévisionnelle est au cœur de la performance financière de l’entreprise, quelle que soit sa taille. Pouvoir analyser et anticiper la situation financière de l’entreprise en fournissant une information de gestion plus pertinente, plus rapidement avec de moins en moins de ressources : tel est le difficile exercice auquel les équipes des directions financières doivent se livrer dans un contexte d’optimisation des coûts des fonctions support.

Le directeur financier a de plus en plus besoin de solutions de prévision performantes, les cycles de prévision ne pouvant plus seulement s’appuyer sur des outils traditionnels rigides, instables et consommateurs de ressources. Le recours aux feuilles Excel est toujours prééminent, avec les risques, les lourdeurs et les limites de fonctionnalités que cela comporte, en particulier en matière de traçabilité, de workflow et de simulation.

Le directeur financier  doit ainsi s’appuyer sur des fonctions d'analyse, de simulation / d’analyse prédictive, de collaboration et de restitution adaptées au besoin de son métier : l'optimisation de la gestion financière et le pilotage de la performance.

 

Quelle place dans le SI Finance?

Il est important de préciser que les solutions de planification, de budgétisation et de prévision constituent une brique applicative d’un paysage SI plus large, composé principalement des outils suivants :

  • des outils transactionnels de type ERP, en particulier les modules de gestion comptable et financière,
  • des entrepôts de données (Datawarehouse) qui organisent l’information et son historique pour la mettre à disposition,
  • des solutions de consolidation qui répondent aux contraintes réglementaires d'élaboration des comptes consolidés,
  • des portails de restitution qui assurent l’ergonomie et la diffusion de l’information.

De tels outils ne sont pas réservés aux grands groupes : ils peuvent être mis en place dans des entreprises de toutes tailles, désireuses d’améliorer leurs processus pour un meilleur pilotage opérationnel et économique.

 

Quelles sont les nouveautés du marché des solutions de planification et de prévision ?

L’arrivée de nouveaux entrants innovants redynamisent le marché des solutions de gestion prévisionnelle. Ces éditeurs, pour certains «visionnaires» d’après la dernière étude du cabinet Gartner, investissent massivement dans le développement d’innovations technologiques. 

Ces acteurs élargissent le spectre des fonctionnalités de projection et de simulation et améliorent sensiblement l’ergonomie, l’accessibilité et la flexibilité des solutions. Ainsi émergent des fonctionnalités telles que le drill-down analytique (immersion dans les données à l’origine d’un chiffre), ou encore l’analyse prédictive, qui exploite le Big Data à des fins de fiabilisation des prévisions. Les avancées technologiques permettent également d’améliorer l’expérience utilisateur par la visualisation graphique des processus et de leur avancement, avec des restitutions ergonomiques des données sous forme d’ « infographics ».

Le marché est ainsi redessiné par l’émergence de pure players du SaaS (« Software as a Service »), tels que les deux californiens Anaplan et Tidemark, l’italien Tagetik ou encore l’allemand Jedox. Parallèlement, les leaders historiques IBM (avec sa solution Cognos TM1), SAP (BPC) et Oracle (Hyperion) élargissent leur portefeuille de solutions avec des offres Cloud, également convaincus de la plus grande évolutivité et de la plus grande accessibilité de ce modèle, en comparaison avec celui de l’hébergement chez le client.

 

Que peuvent en attendre les acteurs de ces processus de planification et de prévision ?  

D’une part, l’ergonomie, la clarté graphique et le nomadisme des nouvelles solutions (utilisables sur tablettes et smartphones) peuvent permettre de redynamiser le dialogue de gestion entre la direction financière et les acteurs des processus prévisionnels. Certaines solutions offrent également une gestion des conversations permettant ainsi de soutenir l’aspect collaboratif du processus et donc de dépasser largement les difficultés liées au recours aux feuilles Excel disparates. Enfin l’exploitation du Big Data peut permettre de faciliter et de fiabiliser les prévisions sur la base de saisonnalité et de corrélation de diverses variables. Plus globalement, l’ensemble de ces évolutions ambitionne le raccourcissement et la fiabilisation de la gestion prévisionnelle.

D’autre part, le mode SaaS réduit considérablement les barrières à l’entrée du fait d’un transfert CAPEX / OPEX, c’est-à-dire d’un financement par investissement vers un financement par les charges courantes. A cela s’ajoute l’externalisation des coûts d’infrastructure (serveurs, ressources IT, etc.) qui rend les solutions d’autant plus accessibles à des entreprises non dotées de ressources IT suffisantes.

Par ailleurs, la promesse de ce modèle dans le Cloud est celui de l’évolutivité où les améliorations du produit sont plus facilement mises à disposition du client. Ainsi, le client pourra bénéficier plus rapidement de la dynamique d’innovation de l’éditeur. 

 

Quels sont les réflexes à prendre face à ce nouveau marché ?

  • Sécuriser les données tout en maitrisant les coûts de service

Le modèle de tarification des offres SaaS et les garanties sur la qualité et la sécurité de l’hébergement des données nécessitent d’être négociées avec vigilance pour maîtriser l’évolution des coûts du service, le risque de dépendance vis-à-vis de l’éditeur ou de l’hébergeur, et la conformité règlementaire et sécuritaire du service relatif au stockage des données. Un cadre clairement posé assurera la qualité des relations futures entre l’éditeur de la solution et l’entreprise cliente.

  • Construire une solution prévisionnelle « agile »

Les données nécessaires à la prévision des ressources par un service se trouvent fréquemment stockées dans des modèles en silos ou dans une multitude de fichiers déconnectés. Pour pallier ce type de difficultés, il importe d’intégrer la planification opérationnelle avec la planification financière via des méthodologies de type « driver-based budgeting » : tout changement de valeur saisie aura un impact direct sur le compte de résultat prévisionnel. Ce type de méthodologie implique que la prévision devienne un processus continu, nécessitant peu d’interventions, tout en gagnant en agilité et en réactivité.

  • Privilégier la collaboration

Les cycles prévisionnels nécessitent des mises à jour fréquentes. La direction financière et les acteurs de ces processus prévisionnels doivent être en mesure d’accéder à distance si besoin aux données, de recevoir des alertes automatiques, d’effectuer eux-mêmes des analyses, de les commenter, de modifier et d’approuver des versions de budget ou de re-prévisions. Il importe alors de retenir une solution compatible dès aujourd’hui avec toutes les plateformes mobiles / tablettes afin d’optimiser le retour sur investissement de la solution.

 

Ces solutions de planification et de prévision constituent donc un avantage majeur pour les entreprises qui souhaitent fiabiliser, améliorer et fluidifier leurs processus prévisionnels. Les capacités de calcul, de projections, de simulations, de gestion itérative et dans des modes beaucoup plus collaboratifs sont autant de facilités pour les directions financières de mieux maitriser et fluidifier la gestion prévisionnelle tout en y associant de plus en plus les acteurs opérationnels. Sur la base des nouveautés du marché proposant des offres de plus en plus complètes et attractives, le moment est opportun, pour les directions financières, de repenser leurs processus prévisionnels, et en particulier le processus budgétaire, souvent décrié pour son caractère chronophage et rigide et d’en profiter pour se doter de réelles capacités prévisionnelles.

contact :
Arnaud DES HORTS