La technologie RFID, pour l’identification et le suivi des patients, ainsi que la mise en oeuvre d’une approche BIG DATA au sein des hôpitaux doivent aujourd’hui faciliter une meilleure gestion des ressources disponibles, mais aussi des trajectoires de celles et ceux devant bénéficier de soins. Didier Guidoni, Associé responsable du pôle Santé-Protection Sociale au sein du cabinet Kurt Salmon nous fait part des enjeux en la matière.

Comment la transformation digitale pourrait-elle faciliter la gestion hospitalière ?

Didier Guidoni : De plusieurs manières. Au niveau de notre cabinet, par exemple, nous partons du principe que le BIG DATA, à l’heure actuelle, n’est pas encore entré dans l’hôpital. Or, il est aujourd’hui possible, en s’appuyant sur l’analyse de la masse de données disponibles au sein des infrastructures hospitalières, de développer des processus d’amélioration continue en matière de gestion, de parvenir à une meilleure compréhension des trajectoires des patients, permettant de déboucher sur une gestion optimisée des ressources disponibles. Aujourd’hui, le BIG DATA permet de définir plus précisément ce dont chaque patient, selon la pathologie et les soins requis, va avoir besoin lors de son passage à l’hôpital.

Comment peut-on mettre en oeuvre une approche BID DATA au sein des hôpitaux ?

Les données sont déjà disponibles. Pour chaque patient, les hôpitaux disposent déjà de quantité d’informations qui pourraient analysées et recoupées pour obtenir des informations utiles. Ces données, aujourd’hui, peuvent encore être enrichies en mettant par exemple un suivi des patients grâce à la technologie RFID. En mettant au poignet de chaque patient un bracelet doté d’une puce RFID, on peut suivre les trajets du patient, entre sa chambre, le bloc, la radiologie et la cafétéria, par exemple, avec une très grande précision.

En quoi un système d’identification de ce type peut-être utile ?

La technologie RFID, et ce bracelet qui permet d’identifier le patient de manière automatique, épargne au personnel des procédures administratives d’encodage par exemple. Il permet aussi d’éviter d’éventuelles erreurs d’identification des patients. Il devient, en outre, plus difficile de perdre un patient dans ce dédale que peut constituer un hôpital. On arrive, en somme, à une meilleure gestion des trajectoires du patient au sein de l’hôpital.

En quoi cette technologie peut-elle nourrir une approche BIG DATA ?

Au final, nous disposons d’une quantité d’informations très précises sur les trajectoires des patients. En temps réel, en croisant ces informations avec les données relatives la disponibilité des services ou à la capacité d’accueil de l’infrastructure, l’approche BIG DATA permet une meilleure gestion des ressources disponibles. Au-delà de la gestion en temps de réel, en prenant du recul par rapport à cette masse d’information, on peut travailler à une optimisation des ressources mises en oeuvre.

Aujourd’hui, y a-t-il un réel besoin en la matière au sein des hôpitaux ?

Oui, le besoin est là. Confrontés à des difficultés organisationnelles de plus en plus grandes, ces structures complexes que sont les hôpitaux doivent pouvoir mieux s’appuyer sur la technologie pour apporter des soins de santé, un confort, un service toujours plus qualitatifs à leurs patients. Les technologies évoquées doivent par exemple faciliter la prise en charge du patient et de ce fait diminuer le temps d’attente. Le personnel soignant, dont 30% du temps de travail est actuellement occupé à des charges administratives, gagnera un temps précieux qu’il pourra consacrer aux soins et à l’accompagnement des patients.

Comment ces approches s’intègrent-elles au sein de l’hôpital ?

Aujourd’hui, les hôpitaux sont encore gérés de manière très cloisonnée. Une telle approche nécessite un décloisonnement, de développer une approche transversale. Cela prend du temps. Mais il ne fait aucun doute qu’un mouvement est en marche et que beaucoup d’acteurs des soins de santé, aujourd’hui, désirent travailler dans ce sens.