Importée directement des Etats Unis, cette technique consiste pour un établissement de crédit à céder sur un marché secondaire des  prêts qu’il  a structurés et émis, auprès d’investisseurs ayant l’appétit pour ce type d’actifs – assureurs, hedge funds ou  banques n’ayant pas participé au tour de table. Le marché américain reste le plus actif. Cette technique est devenue très prisée depuis 2008, notamment pour les établissements basculant du modèle « Origin to Held » vers « Origin to Distribute ». Dans la pratique, il s’agit souvent d’une prolongation de l’activité d’origination et de syndication. On estime ainsi en Europe pour 2013 à environ 10% la part des émissions primaires qui étaient revendus sur le marché secondaire. 

La banque s’engage auprès de son client à lui octroyer des lignes de crédit, parfois au-delà de ses limites de risques, et dès l’origination du crédit, le revend immédiatement sur le marché secondaire. L’opération est profitable dans la banque dans la mesure où elle perçoit les commissions d’origination et économise sur les couts en capital qu’impliquerait pour elle de porter le crédit.  

Après un creux en 2012, le marché de la vente sur marché secondaire redémarre en Europe.

Avantages de la technique :

  • Simple
  • Des coûts de cession maitrisés (frais de courtage principalement)
  • Des  besoins en fonds propres optimisés
  • Permet de continuer à proposer des offres de crédit à son client tout en maîtrisant ses risques.

Points de surveillance :

  • La mise en place d’un desk spécialisé dans la vente de ces prêts
  • La taille du marché de rachat de prêts secondaires en Europe ; l’enjeu portera sur la recherche de nouveaux investisseurs (pays émergents)
  • Une technique privilégiant les tranches de crédit importantes émises sur Corporates recherchés  - en Q4 2013, le volume échangé en Europe était  environ de 20 b $ pour 3,200 transactions.
  • Les contrats de crédits doivent prévoir la transferabilité de la créance
  • Certaines contraintes réglementaires  - monopole bancaire en France par exemple

NB : tous les chiffres cités proviennent de Thomson Reuters

 

Opérations de pensions

La mise en pension de titres peut constituer une alternative séduisante dans une stratégie de cessions de créances ou d’actifs. La mise en pension ne concerne pas les seuls titres à revenu fixe. Ainsi, actions, Covered bonds, RMBS, CDO,  voire Commodities font désormais l’objet de pensions. Rien ne s’oppose à mettre en pension toute nature d’actifs, y compris l’or. L’impact portera sur le taux de haircut appliqué à l’actif cédé – 6% en moyenne sur les actions, 13% pour les obligations convertibles.

Si la grande majorité des pensions est aujourd’hui réalisée à échéance court terme – 57,7% ont une maturité inférieure à un mois, la mécanique de la pension autorise des échéances plus lointaines (3% vont au-delà d’un an) voire sans maturité. Cette alternative a l’avantage pour les établissements de s’appuyer sur des processus industriels et maitrisés, en se reposant sur des desks  chevronnés.  

La pension est à l’origine une opération traitée de gré à gré. Elles peuvent maintenant être opérées via des CCP – Eurex principalement – permettant de se couvrir contre le risque de contrepartie. Face au coût de la chambre de compensation (contribution au Default Fund, Initial Margin..) le recours au service d’un agent lending peut être une alternative séduisante.

Avantages

  • Souplesse dans la mise en place
  • Utilisation des canaux habituels de transactions

 

Points de surveillance

  • Cession qui reste temporaire
  • Niveau de haircuts appliqués aux actifs cédés
  • Impacts sur la consommation en capital en fonction de l’encumbrance
  • Vigilance sur coût de l’opération (utilisation d’une CCP, ou de Tri-party repos)

 

NB : tous les chiffres proviennent de l’ICMA – European repo Market Survey – Decembre 2013.

 

Article rédigé par Frédéric Blanchard, Manager Kurt Salmon