La donnée est une ressource précieuse pour le développement du business. Les banques qui disposent de nombreuses données inhérentes à des paiements divers et variés pourraient trouver en elles une source de valeur ajoutée. Comment peuvent-elles en bénéficier ? A travers son étude « Payment innovation : maximizing the potential of payment analytics », Kurt Salmon a envisagé les nouveaux leviers de création de valeur avec les acteurs. 

La donnée est la ressource de l’avenir. Les grands acteurs du digital l’ont compris depuis longtemps. Ils utilisent les données dont ils disposent pour mieux comprendre les attitudes, comportements et besoins des consommateurs ou utilisateurs. Le commerce leur a emboîté le pas, afin de mieux cerner les attentes des clients, de mieux les servir et d’anticiper leurs envies. 

 

Pourquoi les acteurs du secteur bancaire ne pourraient-ils en profiter ? 

A travers les flux de paiement qu’elles doivent gérer, la plupart des banques disposent d’une quantité considérable d’informations relatives aux habitudes de consommation (fréquence, lieux et moments de consommation, types d’achats, …). Ces données sont-elles utilisables et valorisables ? Et si oui, comment ? 

Kurt Salmon a rassemblé des acteurs de la banque pour envisager avec eux les moyens de créer de la valeur à partir des données de paiement. 

Plusieurs pistes ont émergé. La première a trait à l’usage interne des données de paiement disponibles, dans la mesure où elles doivent permettre aux banques de mieux connaître leurs clients, leurs habitudes, ou la manière dont ils consomment, afin de développer des offres et des services plus en phase avec leurs attentes. 

Ces données pourraient aussi être directement valorisées, en étant vendues à d’autres acteurs économiques qui pourraient en faire un usage utile. Les acteurs du monde bancaire se montrent toutefois réticents, d’une part parce que toutes les autorités ne permettent pas la vente de données personnelles, d’autre part parce que cette pratique engendre un risque de réputation. 

La banque peut encore proposer à ses clients des outils d’aide à la gestion financière, et ce, notamment à travers les canaux digitaux. Elle peut, par ce biais, entretenir une relation de proximité et de fidélisation, la protégeant d’acteurs externes. 

Par ailleurs, la banque peut développer de nouveaux services marchands, en offrant par exemple aux commerçants des rapports leur offrant une meilleure compréhension du profil de leurs clients, et de leurs comportements en magasin, que ce soit dans leurs propres enseignes ou auprès de leurs concurrents. 

Un autre service réside dans le développement d’offres liées aux cartes bancaires. Celles-ci permettent à des acteurs commerciaux de proposer des réductions en fonction de l’analyse de l’historique des opérations liées à une carte. Outil de fidélisation ou d’acquisition de clients, ce service permet de réaliser des campagnes de marketing ciblées en s’appuyant sur la base de données des clients de la banque. 

Les banques ne peuvent aujourd’hui pas ignorer les opportunités qui se trouvent dans ces flux d’information. Toutefois, exploiter cette richesse n’a rien d’évident et exige, au-delà des questions de protection des données personnelles, de développer des modèles d’analyse et d’utilisation, mais aussi de se doter des outils et des compétences permettant d’extraire la valeur de ces flux de paiement.