Les démarches RSE sont trop souvent présentées par leurs détracteurs isolément ou plus surement cumulativement comme un effet de mode, une démarche lourde et complexe et un système de reporting asphyxiant. En résumé, elles seraient une contrainte forte pour une communication alibi.

Pourtant, à la lumière de nos expériences, la mise en place d’une démarche RSE peut être pour l’entreprise, au-delà de l’opportunité qu’elle représente de réellement structurer ses échanges avec les parties prenantes, un puissant levier pour rompre avec des pratiques de management en silo. La démarche RSE, parce qu’elle prône une approche systémique des problématiques, constitue une clé d’entrée innovante pour un projet d’entreprise.

En réintégrant les diverses actions ou démarches engagées dans un scénario stratégique global, elle constitue un puissant levier managérial pour un changement de postures et de pratiques. Elle permet alors de :

  • Fédérer les collaborateurs et les faire adhérer à une stratégie porteuse de sens, en phase avec les défis de notre temps
  • Réaffirmer les valeurs et les fondamentaux de l’entreprise, proposer des repères pour les pratiques professionnelles
  • Renforcer la cohésion entre la gouvernance, les équipes dirigeantes, l’encadrement et les collaborateurs;
  • Engager toute l’organisation dans une dynamique d’amélioration continue du service rendu et du niveau de performance
  • Innover au cœur des métiers de l’entreprise, en phase avec son histoire et sa culture.

Il s’agit donc de mettre en place une démarche prospective et fédératrice, qui ne doit pas se limiter à la réalisation d’un simple bilan et à l’élaboration d’un document théorique sans déclinaison opérationnelle.

L’ambition « classique » d’une démarche RSE est en phase de diagnostic, de faire émerger l’ensemble des pratiques RSE existantes au sein de l‘organisation, de  qualifier la nature du dialogue noué avec les parties prenantes pour in fine évaluer la performance de l’entreprise sur les plans sociétal et environnemental, ses forces, ses faiblesses et ses ressources mobilisables. Sur la base de cet état des lieu seront  alors  défini dans une seconde phase,   une stratégie et un programme d’actions opérationnel pour le développement  de cette performance, en cohérence avec les valeurs et les orientations stratégiques de l’entreprise.

Parce qu’aucune évolution durable ne peut se concevoir sans un engagement fort des principales ressources des organisations aux côtés de leurs décideurs, la bonne appropriation du projet par les différentes populations impliquées ou concernées et la bonne compréhension du chemin à parcourir constituent des conditions essentielles de sa réussite.

Il est donc nécessaire de placer les ressources humaines et managériales au cœur de la méthode car elles sont les véritables leviers du changement. Dans cette perspective, la démarche doit permettre de :

  • Mobiliser les ressources humaines sur des valeurs et sur une ambition (durable) et non de leur demander d’être motivées par un projet qui ne semble porteur que d’efforts et de risques
  • Communiquer en permanence sur la vie du projet, sur les progrès, les réussites ou retards, et non de considérer que seule l’atteinte du but justifie une information
  • Impliquer les collaborateurs dans la construction des plans d’actions qu’ils auront eux-mêmes à mettre en œuvre dans le futur.

Le caractère innovant des démarches RSE réside en outre dans les modalités d’association des parties prenantes externes, l’outillage et l’objectivation des échanges. C’est une formidable opportunité d’apprentissage pour l’organisation s’agissant de la gestion d’une dynamique partenariale et un outil pour fédérer les parties prenantes autour de son projet.

Il convient donc de mettre en œuvre une démarche transverse et participative au bon niveau, permettant de prendre en compte les cultures de l’entreprise et de valoriser l’existant, de susciter l’adhésion autour de valeurs communes, mais aussi de mieux identifier et partager les enjeux et les priorités de demain.

 

Article rédigé par Yann Le Goaziou, Directeur Kurt Salmon et publié le mercredi 25 juin 2014 sur kurtimmo.com