Philippe Mirmand, Associé et Responsable du pôle immobilier chez Kurt Salmon, examine comment le digital et les nouvelles technologies transforment les métiers des acteurs de l’immobilier.

Si l’on retient une approche par grande fonction de l’immobilier, les impacts sur les processus immobiliers pourraient être les suivants :

 

Asset management

La disponibilité de données de plus en plus nombreuses et diversifiées (big data, analytics) va permettre des arbitrages immobiliers et des décisions plus fines : analyse multidimensionnelle des immeubles, prise en compte des données du marché, de l’environnement… Les plans stratégiques de patrimoine ou schémas directeurs immobiliers seront plus élaborés. L’une des manifestations de ces évolutions est l’émergence de prestataires qui vendent de la donnée pour éclairer la décision immobilière.

 

Project management

Traditionnellement, les acteurs immobiliers qui se succèdent dans la chaine de valeur immobilière ont tous leurs outils, leurs données, leurs plans… ce qui se traduit à chaque étape du processus par un lourd travail de ressaisie des données, de mise en cohérences, de suivi, d’archivage…

Le digital apporte des modifications radicales à ce processus imparfait :

• Plateformes de travail collaboratif qui permettent aux acteurs d’une même opération de dialoguer et d’échanger.

• Révolution du BIM (« building information model » ou maquette numérique) : là où autrefois chaque acteur de la chaine immobilière (architecte, maitre d’œuvre, constructeur, gestionnaire…) participait à un processus peu fluide, on s’oriente vers un outil commun, extrêmement fin, qui va considérablement simplifier la conception, la construction et la gestion des bâtiments. Chaque bâtiment aura son double numérique, construit au même rythme que l’immeuble physique, composé d’objets numériques apportés par les fournisseurs et doté d’attributs permettant une vision précise, fiable et pérenne de chaque composant. Le BIM constitue ainsi un levier majeur de productivité.

 

Property management

Cette fonction est fortement impactée du fait de la mise en place d’une multitude de nouveaux services :

• Portails de services aux clients :

- Accès aux annonces de locations ou de ventes : visites virtuelles,

- Saisie et suivi des Réclamations,

- Paiement en ligne,

- Dossiers administratifs, avis d’échéance, quittances en ligne,

- Suivi des consommations individuelles,

- Accès à l’information sur la vie des immeubles.

• Extranet fournisseur (commande, suivi et facturation dématérialisés).

• Utilisation des réseaux sociaux comme vecteurs de communication (communautés de locataires)

• Développement des applications mobiles pour les collaborateurs : état des lieux, contrôle des ouvrages et équipements, gestion de l’entretien courant, gestion des réclamations, gestion des prestataires…

• Géolocalisation des véhicules pour l’optimisation du traitement des interventions techniques.

• Dématérialisation des processus métiers : toute l’information est accessible de manière dématérialisée.

 

Facility management

La facility management, comme le property, sera impacté par le développement d’applications mobiles pour les collaborateurs : gestion de l’entretien courant, gestion des réclamations, gestion des prestataires… mais il faut y ajouter une plus forte sensibilité aux objets connectés. Leur multiplication, tant dans les services aux occupants qu’aux bâtiments devrait révolutionner la gestion, notamment avec une politique beaucoup plus fine de l’obsolescence et de la maintenance.