«Être un haut fonctionnaire ou vivre une grande variété de missions qui vous mènent à l’Elysée ! »

Michel Yahiel, après être diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris où « la chance de carburer à peu près » fut son standard, a un cheminement spontané pour l’ENA, « une voie cohérente, sélective mais naturelle », dont la promotion Henri-François d’Aguesseau (1980-82) est son millésime. Son envie de travailler pour le service public avec comme bout de parcours l’approche du social l’amène comme adjoint au chef de l’Inspection générale des affaires sociales. Issu d’une génération où, estime-t-il, tout se faisait plus tôt en âge, son parcours 100% social débute sans tarder comme jeune conseiller au cabinet de Georgina Dufoix à seulement 26 ans. Directeur du Fonds d’action sociale à 28 ans, son ascension continue comme directeur de cabinet de Jean-Louis Bianco puis René Teulade soit en cumul neuf années comme un proche de trois ministres des Affaires sociales.

Cette personnalité a déjà une longue expérience avant de rejoindre Bernard Brunhes – cabinet fondé par un ancien collaborateur de Pierre Mauroy alors Premier ministre – pour travailler à la modernisation des régimes sociaux de l’ancien bloc communiste. Son passage dans le privé permet à ce haut fonctionnaire de se rendre compte « d’un certain nombre de choses » tout en rappelant que les qualités ne sont pas très différentes d’un monde à l’autre excepté que la pression économique fait que votre responsabilité n’est pas l’intérêt général ou la situation du pays mais les personnes qui travaillent avec vous.

La Ville de Paris, pendant un septennat, lui permettra d’opérer son expertise au développement économique et de l’emploi avant d’en devenir le directeur général des ressources humaines. Contacté par l’ANDRH, sa présidence débute en 2009 et sera la première occupée par un acteur du secteur public. Cet homme de concertation et de dialogue sera happé par les élus régionaux pour piloter l’Association des Régions de France, porter la voix de celles-ci sur la décentralisation et convaincre l’administration centrale que les élus locaux ne sont pas les services extérieurs de l’Etat.

Ces dix-huit mois de lobbying pour le régional seront l’antichambre du national en devenant le conseiller social, en mai 2012, du président de la République. Garant du long terme, cet ancien conseiller de Raymond Barre à Matignon aguerrit son rôle à l’Elysée par l’influence, l’orientation, l’attention aux évolutions sans couleur trop monochrome et en évitant les mentalités d’assiégés.

Sa contribution sur les grands enjeux sociaux futurs dans un contexte fragile de la compétitivité de nos entreprises ou organisations privées est attendue avec une grande sollicitude.

Ce professeur qu’il fut à Rouen, a un caractère serein, une volonté à convaincre sans se montrer péremptoire, suscite l’humour tout en gardant une certaine distance et pourrait correspondre à une de ses dernières foucades : « on régresse plus vite que l’on ne progresse ».

Ce talentueux technicien du social suscitera vos questions, en y associant son leitmotiv qu’il prodigue à ses impétrants : « Comme à vélo, quand vous sous arrêtez de pédaler, vous tombez ! ».

 Auteur : Ghislain Missonnier, Président du Cercle Humania

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