Depuis hier, les médias relaient en coeur l’annonce « historique », le « coup de frein majeur » en matière d’évolution des dépenses d’assurance maladie en 2012.

En effet, sur les 11 premiers mois de 2012 l’augmentation a été moins forte que prévue (voir articles ci-dessous).

Voir article sur le site de FranceTV info

Voir article sur le site de Europe 1

Ceci étant dit, cela reste une augmentation des dépenses, quand les recettes sociales, elles, sont sur une tendance différente et donc au bout du bout en matière de déficit même si cela ralentit, cela reste un déficit.

Est-ce réellement une bonne nouvelle, en d’autres termes de quoi cette « diminution de l’augmentation » est-elle réellement le signe ?

Au rang des bonnes nouvelles, semble-t-il, une amélioration de la pénétration des médicaments génériques : prise de conscience des professionnels de santé (médecins et pharmaciens)? sensibilisation réussie des assurés ? ou bien simplement la recherche conjoncturelle d’économies tout azimut de la part des « consommateurs » en période de forte crise ?

Toujours au titre des bonnes nouvelles, parait-il, un ralentissement des dépenses de ville, en gros moins de consultations chez les médecins en cabinet : responsabilisation enfin réussie des assurés, bénéfice des parcours de soins ? ou simplement effet mécanique d’un renoncement aux soins de plus en plus fort pour des raisons économiques ?

Une autre bonne nouvelle, la diminution des arrêts de travail : campagne de contrôle plus efficace ? Changement de comportement des professionnels de santé et des assurés ? ou bien corrélation directe avec la destruction des emplois en période de crise. Car pas de travail = pas d’arrêt de travail.

Bref, si on a très envie de se réjouir en cette période morose, il faut avouer qu’on a du mal à croire que ce ralentissement des dépenses ait pour unique cause le travail de réforme du système de santé.

La crainte est que ce genre de nouvelle à la fois bonne et mauvaise envoie des signaux faussement réjouissants et freine totalement toute velléité de réforme d’ampleur à la fois structurelle et globale. Souvenez-vous de l’embellie  entre 1998 et 2001, avec des comptes annuels de la sécurité sociale en excédent, en raison principalement d’une baisse importante du chômage,  d’une activité économique correcte et donc davantage liée à l’augmentation des recettes qu’à des réflexions de fond sur l’organisation du système de santé, son financement et en particulier les dépenses et leur destination.

Jérôme Michelot

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