Le régime chômage est mort, vive le régime chômage ! On le sait, les périodes de crise sont particulièrement difficiles pour les régimes d’assurance chômage puisque la hausse du nombre de chômeurs augmente mécaniquement le montant total de prestations données aux demandeurs d’emploi, aggravant d’autant le déficit du régime.
Mais, au-delà des causes conjoncturelles bien réelles (encore 29 700 demandeurs d’emploi supplémentaires en décembre 2012, sachant que l’Unédic en prévoit 178 000 de plus pour l’année 2013), c’est bien l’organisation structurelle du régime d’assurance chômage qui est remise en cause par le rapport publiée le 22 janvier par la Cour des Comptes . Il est ainsi mis en avant les points suivants :

  • Une couverture du risque chômage plus favorable que dans d’autres pays
  • Une insuffisante mobilisation du chômage partiel
  • Des contrats aidés nombreux mais peu efficaces
  • Une formation professionnelle qui profite surtout aux salariés déjà les mieux formés
  • Une multiplication des acteurs.

Le Président de la République et le Gouvernement ont fait des négociations entre les partenaires sociaux un levier majeur de transformation de l’action publique, s’inspirant ainsi en partie du « modèle Allemand ». Cela a déjà donné lieu à un premier accord début janvier 2013 sur la sécurisation de l’emploi, signé par le patronat et par trois syndicats (CFDT, CFTC, CGC), et permettant d’introduire de la fameuse « flexi-sécurité » dans le marché de l’emploi.
D’ores et déjà des entreprises – comme Renault qui a dévoilé hier ses propositions finales pour l’accord de compétitivité 2013-2016 – se sont engouffrées dans l’esprit de cet accord qui doit désormais être traduit dans le projet de loi du Gouvernement.

Les constats de la Cour des comptes doivent aujourd’hui impérativement être mis sur la table des négociations pour poursuivre ce nouveau dialogue social. Car outre la survie financière à long terme du régime chômage, c’est bien l’équité et l’efficience du système qui est à revoir :

  • Est-il acceptable que les salariés les mieux formé profitent le plus des dispositifs de formation professionnelle alors que la formation des demandeurs d’emploi les moins qualifiés est un sésame important de retour à l’emploi ?
  • Est-il acceptable que des sociétés de production audiovisuelles utilisent le système des intermittents du spectacle pour payer à moindre frais des quasi CDI ?
  • Est-il acceptable que des niveaux d’indemnisation très élevés perdurent pour des personnes qui étaient très bien payées, mettant ainsi en difficulté le système qui doit d’abord soutenir et accompagner les personnes en situation précaire ?

Il ne s’agit pas de promettre du sang, de la sueur et des larmes aux demandeurs d’emploi ; bien au contraire il faut espérer du courage, du courage et encore du courage aux différents décideurs pour remettre le système au service de ceux qui en ont le plus besoin.

Thomas Richard

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