Il y a quelques semaines la double mastectomie volontaire et préventive d’Angelina Jolie défrayait la chronique entre pour et contre. Cette décision avait été prise après la détection  dans le patrimoine génétique de l’actrice d’une variation dont la présence entraîne un risque extrêmement élevé de cancer du sein ou des ovaires.

Voir l’article du 15 mai sur le site lemonde.fr

Ce sujet a été l’occasion de débats enflammés sur l’acte chirurgical subit volontairement par l’actrice, ses motivations, ses conséquences, etc.

Toutefois, à un mois prés Angelina aurait économisé quelques centaines de USD pour son test génétique car derrière ce fait d’actualité se jouait une tout autre partie. En effet, la variation génétique  en cause, appelée BRCA 1 « était » la propriété d’une société de biotechnologie, Myriad Genetics, cotée au NASDAQ; Myriad ayant « découvert » cette variation et déposé un brevet, lui donnant un monopole sur les tests génétiques visant à détecter cette variation génétique.

Le 14 mai quand Angelina dévoila son opération le cours de bourse de Myriad connu son pic historique et le 13 juin jour de l’annonce par la Cour suprème des Etats-Unis de sa décision de non-brevetabilité de l’ADN humain le titre Myriad Gentics Inc. a lourdement chuté.

Voir l’article sur lemonde.fr du 14 juin 2013.

C’est véritablement un coup de tonnerre dans le monde de la recherche génétique et des biotechnologies, qui pour le territoire américain, à ce stade, vient siffler la fin de la récréation en matière de brevetabilité.

Pour résumer, un brevet ne pouvant porter que sur une invention (quelque  chose qui n’existait pas) et non pas une découverte (quelque qui existe dans la nature mais que nous ne connaissions pas), la Cour suprême a estimé que le brevet de Myriad sur la variation génétique BRCA1 et BRCA 2 ne remplissait pas les conditions requises ouvrant droit à un brevet et par là rendait impossible toutes les exploitations exclusives que cela ouvre au titre du droit de propriété.

Nous allons donc pouvoir maintenant vérifier en pratique si une telle décision contrevient aux intérêts de la recherche, privée notamment, en lui ôtant les possibilités d’exploitation commerciale comme le soutenait les défenseurs de la brevetabilité du génome.

Est-ce là le début d’une onde de choc mondiale et l’ouverture d’une ère nouvelle dans un secteur aux rebondissements et innovations permanents.

A suivre donc.

Jérôme Michelot

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