«Nous sommes prêts à aider dans leur gestion les hôpitaux déficients, voire à en assumer la gestion financière, comme cela se fait déjà ailleurs en Europe, en Suède ou en Grande-Bretagne par exemple»

Ah… donc une solution nouvelle est mise en avant ?

Face à l’ampleur et à la persistance des déficits du secteur hospitalier public qui menacent l’ensemble des acteurs de la chaîne de soins et les patients, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) et sa branche FHP-MCO se sont dites  » prête à apporter son concours en matière de gestion financière aux hôpitaux publics en difficulté ». Elle propose également, si besoin, que « leur gestion soit confiée à des opérateurs privés ». L’exemple de la Suède où un établissement public de taille importante est géré efficacement depuis 10 ans par un opérateur privé est souvent mis en avant.

L’angle proposé est celui de la  professionnalisation des administrateurs, afin d’accroitre la performance de gestion qui fera retrouver la pleine santé financière de nos établissements ! C’est donc imaginer que des solutions différentes,  loin des propositions ou modifications déjà engagées par les hôpitaux publics sont possibles et ne sont pas initiées. Mais c’est oublier la marche forcée entamée depuis 4-5 ans par les établissements,  loin d’être satisfaisante certes, mais entrainant une dynamique que je ne connaissais pas. Elle casse des pots, fait hurler certains, est dangereuse pour d’autres, voire aggrave les risques pour les patients.

Tout est vrai !

Mais de nouvelles préoccupations ont émergé, voire des petits changements de paradigmes se sont opérés. Des praticiens comprennent la nécessité de suivre des budgets qui imposent  de n’engager que ce qui est strictement nécessaire,  comprennent la nécessité de choix et de priorisation d’activités et de ressources, voire suivent des tableaux de bords dans lesquels les courbes de douleurs et de polynucléaires sont remplacés par celles des entrées et des dépenses

La courbe de maturité de l’organisation hospitalière a décollé et a passé son point d’infléchissement. Son taux de croissance va se ralentir pour arriver à un plateau de maturité plus important. Chaque gain deviendra alors plus complexe à obtenir, avec un coût marginal plus important. Mais ça, c’est dans 10 ans ! Pour le moment il est encore de nombreux sujets où beaucoup reste facilement à faire c’est vrai.

Pour revenir à nos préoccupations, transférer  ou externaliser tout ou partie de la gestion  quotidienne pour accroitre rapidement le niveau de performance, c’est comme nous l’avons répété  un comportement hémiplégique ! C’est tenter d’avancer sans la partie gauche, opérationnelle,  créative de valeur.  Sans les professionnels, en restant bureaucratisés, on ne peut rien ! Oublier ce constat, c’est ne pas comprendre le fonctionnement hospitalier public bien différent à tout égard d’un établissement privé.

Le problème est l’absence de vision –de pensée collective, voire même d’envie !  Il n’y à pas une vision mais 50 visions différentes ! Tout le monde a une idée ou des idées, peu ou pas appliquées, peu ou pas impliqués…Sans opposer culture publique et culture privée par la seule question financière,  il est vrai que les attentes et les désillusions de nombreux médecins et soignants de notre veille institution publique sont importants et fortes.

Le modèle d’organisation spécifique,  type  « bureaucratie professionnelle »  est à la limite de sa logique. La machine s’est emballée et leur échappe !  Les pressions, les injonctions  contradictoires et les contraintes se sont multipliés. Les effets pervers se  sont hypertrophiés. Beaucoup ne se sont plus intéressés ou se sont épuisés à donner une vision de la chose.

Quelle est la vision partagée ? Qui pense au moyen terme ?

Qui s’investi dans l’organisation du système hospitalier  publique ?

Peut-on parler de désinvestissement médical et soignant ?

Guillaume Nathan

A suivre (3ème et 4ème partie dans les prochains jours)

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