Lire la 1ère partie : Certains y pensent, d’autres aussi… Les plus efficaces ? Probablement pas du tout !

Lire la 2ème partie : Une idée ancienne peinant à faire son chemin : un autre mode d’administration ? 

S’il y a désengagement médical dans nos établissements publics de santé, j’ai trouvé en la personne du  Dr Raymond GATELMAND,  chirurgien défenseur de la profession et  amoureux de l’histoire médicale,  une tentative intéressante  de rendre visible ce phénomène de déresponsabilisation  progressive du corps médical et soignant dans les affaires de gestion des hôpitaux et institutions publiques de santé en France ! Il aborde un aspect politique, à défaut de celui lié aux modifications de la culture collective et individuelle des praticiens et soignants.

Il nous rappelle ainsi que dans le cadre des réformes Debré, la commission interministérielle présidée par M. MAIREY, préfet hors cadre, fut chargée de la réforme des services extérieurs du ministère de la santé publique. Elle acheva ses travaux en 1961 en recommandant la suppression du pouvoir de décision détenu jusqu’alors par les Médecins Directeurs départementaux (ou régionaux) de la Santé.

« De hauts fonctionnaires, ils furent réduits au rang de simples Inspecteurs de la Santé, conseillers techniques, écoutés ou non, du Préfet… ! La Réforme induite par la Commission MAIREY passa presque inaperçue, mais elle ouvrait la voie à une sorte de « démédicalisation » rampante en retirant progressivement aux médecins tous les postes de Direction qu’ils détenaient, d’abord dans les sanatoria, puis dans les 22 hôpitaux psychiatriques et enfin dans les hôpitaux publics avec la loi du 3 janvier 1984. Elle explique au passage la synergie constante qui s’est établie entre le Sénat composé d’un grand nombre de maires, présidents de Conseils d’Administration d’hôpitaux et les buts poursuivis par le SNCH. 

Par ailleurs, sauf exception, toutes les présidences des innombrables Commissions de travail, Institutions officielles, Agences Nationales ou Régionales… mises en place par les pouvoirs publics ou les instances para-publiques comme les Caisses d’Assurance-maladie sont attribuées à d’éminentes personnalités n’appartenant peu ou plus au corps médical. Ainsi, l’un des derniers médecins nommés en 1989 à la tête de l’ANDEM, le Professeur MATILLON, devenue par la suite l’ANAE,  a été remplacé en 2002 par un ancien Directeur de Caisse primaire d’Assurance-maladie, M. Alain COULOMB  [agence devenue maintenant la HAS). Le pouvoir administratif a progressivement supplanté le « pouvoir médical » qui n’a jamais véritablement existé mais qui s’imposait à tous les stades par le caractère à la fois technique, moral et humanitaire de la profession. »

Mais ce mouvement de désengagement et déresponsabilisation du leadership médical dans l’organisation hospitalière est-il néfaste ?

Guillaume Nathan

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