Dans le cadre de l’édition 2014 du Forum d’Avignon autour du thème « Réformer par la culture », le cabinet Kurt Salmon, a réalisé une étude sur le thème Institutions culturelles et grands diffuseurs : comment doivent-ils se réformer à l’ère du numérique ?

Menée en avril 2014 auprès de 4 000 personnes en France, Grande-Bretagne, Etats-Unis et Chine urbaine, l’enquête apporte un éclairage sur les tendances et les usages numériques dans les pratiques culturelles. C’est une évidence, le numérique a fait évoluer la façon dont nous vivons l’expérience culturelle : plus accessible, plus abondante, disponible instantanément et devenue mobile, la culture se consomme autrement, et pour longtemps. 

Depuis deux décennies, les innovations numériques (e-commerce, les réseaux sociaux, crowd-sourcing) ont fait émerger de nouveaux modèles de consommation culturelle. Spectacles, télévision, musique, ou musées, l’ensemble de l’offre est concernée car les consommateurs adaptent désormais massivement ces usages. Pour preuve, 65% d’entre eux souhaitent accéder à des contenus en ligne en complément de leur expérience culturelle, et 83% des individus s’attendent à disposer d’avantages pratiques au moment de « consommer » la culture (dématérialisation de leur acte d’achat, prix préférentiels) ; standard hérité du e-commerce.
 
Mais, face à ce contexte d’hyper-choix nous sommes parfois « e-perdus » (vécu comme anxiogène pour 80% des sondés), et en proie à tous les paradoxes : nous attendons tout à la fois d’être guidés et libres de nos choix, récompensés pour notre fidélité, mais avec un respect accru de nos données personnelles et de notre vie privée…
 
Au-delà de ces mutations profondes, c’est également à un contexte économique et concurrentiel en constante évolution que les grands diffuseurs et institutions culturelles doivent faire face. Pour aller au-devant de cette évolution, il semble alors essentiel de s’appuyer deux axes majeurs : 
 
  • Repenser l’offre et l’expérience proposée à travers un marketing décomplexé : en offrant désormais une expérience globale sur l’ensemble du parcours du public, et en personnalisant la relation avec l’audience. Reconquérir une position d’acteur culturel légitime et prescripteur est primordial : à travers la diversification de l’offre, la valorisation des données personnelles récoltées et l’éditorialisation de contenu et le storytelling
  • Intégrer le numérique dans l’organisation en adaptant les fonctionnements internes aux ambitions numériques. Prendre le temps nécessaire à cette installation et se donner des moyens à la hauteur des ambitions numériques, sont des préalables. Alors, d’une amélioration de l’efficacité opérationnelle des organisations, découlera une optimisation des ressources et de nouvelles façons plus collaboratives de travailler.
 
Devenu marque de fabrique des pure players et incontournable à l’ère du numérique, ce marketing assumé et humanisé, est la clé pour arriver à renouveler les audiences, les fidéliser et continuer à les surprendre. Certes, cela implique la mise en place de démarches « marchandes », mais c’est un domaine que les institutions culturelles doivent investir si elles souhaitent être en phase avec les publics, dont les attentes sont fortement modelées par la culture internet. 
 
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