Mobile Paiement… une révolution venue du “Sud” !

Paris, le 17 mars 2011 – Avec plus de 9,5 millions d’utilisateurs en moins de 3 ans d’existence, l’offre kenyane de m-paiement, M-PESA, et plus globalement l’offre africaine semble avoir fait ses preuves ! Pour analyser ce nouveau phénomène, Kurt Salmon révèle, les résultats d’une étude qui vise à dresser le panorama du m-paiement, mettre en exergue les enjeux et les perspectives de développement des acteurs, et identifier les leviers clés pour assurer le décollage de ce nouvel usage.
Pour preuve et selon Paul Leishman du GSM Association, MTN aurait investit jusqu’à aujourd’hui 10,5 millions de dollars pour développer son service de m-paiement. Après seulement 14 mois d’activités, l’opérateur avait déjà des cash-flows positifs (sur base mensuelle) alors que plus de la moitié des managers interviewés estime une période des 3 ans nécessaire avant d’avoir des cash-flows positifs.
En Europe, en revanche, le lancement d’offres de m-paiement n’en est qu’à ses balbutiements où seules des phases pilotes sont en cours, notamment avec le projet « Citizy » en France.
Il faut dire que selon les zones géographiques, les conditions de succès et les attentes des utilisateurs diffèrent. Dans des pays où le taux de pénétration du mobile dépasse les 80%, où le taux de bancarisation est inférieur à 30% et où le nombre d’agences bancaires pour 1 000 habitants est inférieur à 5, la possibilité de réaliser des transferts d’argent par mobile devient salutaire. A l’inverse, dans les pays occidentaux où l’usage de la carte bancaire est largement répandu et où les moyens de paiement se multiplient, le mobile paiement est perçu comme un « service de plus » qui doit réussir à séduire les utilisateurs pour décoller.
Afin d’attirer l’ensemble des utilisateurs, le m-paiement couvre donc de multiples services. Dans les pays développés, le ticketing, le paiement de parking, la location de vélo, ou l’achat de contenus numériques seront privilégiés. Dans les pays en voie de développement en revanche, le m-paiement représente une première expérience formelle de bancarisation et les services les plus répandus couvrent : les paiements Person-to-Person, les paiements des factures administratives, l’achat chez des commerçants, les paiements des salaires, et les transferts internationaux.
Toutefois, quelque soit la zone géographique, le développement de ce nouveau moyen de transaction nécessite la mise en relation d’acteurs peu habitués à travailler ensemble : les banques (ou établissements de crédit) qui sécurisent les transactions, les opérateurs télécoms qui mettent à disposition le réseau, développent l’offre marketing et commercialisent l’offre, et les instances de régulation. Plusieurs modèles économiques coexistent donc, dans lesquels les rôles de ces acteurs sont plus ou moins mis en avant, et dont le succès repose sur la faculté de ces principaux acteurs à se coordonner.
Le m-paiement semble promis à un bel avenir si l’on en croît les prévisions d’usages et d’équipement de la population mondiale (50% des utilisateurs de mobiles paieront avec leur téléphone d’ici 2014, 1 mobile sur 6 sera équipé de la technologie sans contact d’ici 2012, (sources Juniper Research et IMS Research). Toutefois, un certain nombre de défis restent à relever pour qu’il devienne un moyen de paiement incontournable (internationalisation des services, normalisation, atteinte rapide d’un marché de masse, changement d’usages des utilisateurs et succès des pilotes en cours,…). Défis qui devront et pourront être relevés par une collaboration étroite et un partage des responsabilités entre les acteurs clés de ces solutions.
« Nous sommes aujourd’hui à un virage clé du développement du m-paiement. Une dynamique semble bel et bien amorcée aujourd’hui pour ancrer durablement cet usage dans notre quotidien.», souligne Philippe PESTANES, Associé responsable du pôle TIMES[1] chez Kurt Salmon.
« Le M-paiement ne peut s’inscrire que dans une dynamique de masse parce qu’il ne peut fonctionner sans une taille critique de marché. Pour ce faire, la coordination et la concertation entre les acteurs est un enjeu essentiel : notamment, l’implication des autorités publiques et de régulation est en ce sens primordiale, en plus de l’effort marketing des acteurs principaux du marché.», conclut Philippe BREUL, Directeur de PHB Development.

[1] Télécommunication, Information, Media, Entertainment et Sport